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Les peuplements piscicoles de Guyane.
Amélioration des connaissances sur le poids des espèces patrimoniales de Guyane : le cas des marais du bas Oyapock.

Moyens mis en oeuvre

Equipe

Régis Vigouroux (Responsable de l'unité Ichtyologie)
HYDRECO - Laboratoire Environnement de Petit Saut ; BP 823 - 97310 Kourou Cedex.
Coordinateur de l'étude, réalisateur des travaux de terrain et de laboratoire, de la saisie des données, participant à la synthèse et à la rédaction des données

Pierre-Yves Le Bail (Directeur de recherche)
Equipe " Ichtyodiversité et Cryoconservation " ; SCRIBE - INRA ; Campus de Beaulieu
35042 Rennes Cedex
Participant aux travaux de terrain et de laboratoire ainsi qu'à la synthèse et à la rédaction des données.

Claude Weber (Systématicien)
Museum d'Histoire Naturel de Genève - Département d'Herpétologie et d'Ichtyologie -
C.P. 6434 - 1211 Genève 6 (Suisse).
Participant à la synthèse et à la rédaction des données.

Philippe Keith (Chargé de mission au Ministère de l'Environnement)
Muséum National d'Histoire Naturelle
Laboratoire d'ichtyologie
57 rue Cuvier
75231 Paris Cedex 05
Participant aux travaux de terrain et de laboratoire ainsi qu'à la synthèse et à la rédaction des données.

Sites retenus et durée du projet

Deux zones différentes sont retenues :

  • Têtes de bassin versant des rivières Gabaret et Ouanary ;
  • zone de marais situées autour de la crique Rapary.

Les missions se dérouleront en 2004 durant la saison des basses eaux, saison la plus propice à un inventaire ichtyque le plus exhaustif possible.

La durée du projet est de 12 mois à compter de la date d'échantillonnage (rendu du rapport final).

Méthodologie

La mise en place des échantillonnages de la faune ichtyologique visera à récolter le maximum d'espèces. Pour cela différentes techniques de pêche seront utilisées :

  • Une méthode standardisée et reproductible (Lauzanne & al., 1993) qui permet d'effectuer des analyses plus poussées sur la comparaison entre les différentes stations : les filets maillants de surface. Utilisés dans le cours principal des criques, les filets sont regroupés par batteries de 10 filets de superficie identique de 50m2 (25m de long sur 2m de hauteur) et de mailles allant de 10 à 70 mm. Cela permet de récolter des individus de toutes tailles et de voir, de manière qualitative, si la population d'une espèce couramment échantillonnée, telle que Leporinus friderici ou Triportheus rotundatus, par exemple, possède plusieurs classes d'âges, donc si elle arrive à bien se maintenir dans le milieu en y trouvant une abondante nourriture et une relative protection contre les prédateurs. Deux batteries sont utilisées : une dans la partie aval de la zone, l'autre dans la partie amont. Les poissons se déplacent le plus souvent pour la recherche de nourriture et pour trouver des abris soit pour se reproduire soit pour échapper aux prédateurs. Or tous ces facteurs sont concentrés le long des berges où les arbres morts et autres racines servent de caches alors que la végétation ripicole fournit la nourriture nécessaire aux herbivores (feuilles, graines, fleurs, fruits) ainsi qu'une multitude d'insectes terrestres tombant dans l'eau notamment lors des épisodes pluvieux. Les filets sont donc posés le soir avant la tombée de la nuit dans des zones à courant le plus faible possible et relevés le lendemain matin. Ils sont le plus souvent attachés aux deux extrémités parallèlement à la berge.
  • Dans les criques, les sauts, les zones de pripris et de marais où la hauteur d'eau est faible, un ichtyotoxique peut être utilisé. Une section du cours d'eau est isolée à l'aide de filets de 5 mm de vide de maille : 1 en amont (limitation de la remontée des poissons) et 1 en aval (blocage des individus dérivants). Un contrepoison (permanganate de potassium) est employé à l'aval immédiat pour éliminer la propagation du poison. Les poissons sont récoltés à l'aide d'épuisettes. L'échantillonnage dure de 2 à 5 heures. Les filets sont laissés en place jusqu'au lendemain matin pour vérification de l'efficacité.
  • La pose de pièges tels que trappes (engins passifs composés d'un hameçon avec un appât poissonneux permettant la capture de carnivores), nasses, caminades ou pièges lumineux (surtout pour les petites espèces de taille inférieure à 5cm), peut compléter le dispositif.
  • La prospection dite " à vue " sera également réalisée notamment pour capturer des espèces très sédentaires comme certains Siluriformes de la famille des Loricaridae qu il faut débusquer dans les troncs morts ou les trous d'eau situés sous des plantes herbacées.

Tous les individus récoltés sont déterminés, pesés et mesurés. Les espèces présentant des difficultés de détermination ou ayant un intérêt évident pour l'amélioration des connaissances sur leur systématique, leur biologie ou leur écologie seront conservées en alcool pour une étude plus approfondie au laboratoire.

Une caractérisation de l'habitat prospecté sera également effectuée :

  • par des paramètres globaux relatifs au bassin dans lequel se trouve le site (surface, degré d'anthropisation, régime hydrologique, etc....),
  • par des paramètres locaux relatifs à la station de prélèvement, physiques (courant, nature du substrat, transparence de l'eau, profondeur, etc....), chimiques (oxygène dissous , pH, etc.) ou biologiques (surtout végétation ripicole).

Résultats attendus

Les missions de terrain sur le bassin versant du bas Oyapock devraient permettre d'augmenter la liste des espèces présentes sur l'ensemble du bassin versant de ce grand fleuve et de vérifier si la faiblesse de l'indice spécifique est due à un artéfact de prospection ou s'il correspond à une réalité biogéographique. La confrontation avec les données déjà existantes et relatives à l'ensemble des bassins versants permettra, quant à elle, de préciser le degré d'endémisme des espèces.
Ainsi, l'ensemble des données recueillies et analysées permettra de mieux caractériser chaque espèce patrimoniale (critères inter-combinés d'éco-biogéographie c'est à dire de rareté, d'endémisme, de limite d'aire de répartition mais aussi de présence normale ou non en fonction de sa niche habituelle) et donc de faciliter la sélection des espèces dans les listes de référence.
Par conséquent, cela facilitera la prise de décision pour la réglementation concernant les zones naturelles.

 

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